Les fumeurs doublent leur risque de devenir aveugle 5364


COMMUNIQUE DE PRESSE DE RETINA-FRANCE/AMD

Les fumeurs doublent leur risque de devenir aveugle en développant à cause du tabac
une dégénérescence maculaire.

Cependant peu de personnes ont conscience de ce phénomène.


28 Septembre  2005 – Le tabagisme – cause principale bien connue de maladies fatales comme le cancer de poumon ou les maladies coronaires – contribue aussi au handicap que la plupart de nous craignent le plus : la cécité. 

Néanmoins, peu de gens se rendent compte de ce lien comme le démontre un rapport publié par AMD Alliance International qui relève le peu de  connaissances qu’a le grand public de ce phénomène.  

“Le tabagisme reste le seul facteur de risque évitable de la dégénérescence maculaire liée à l’age (DMLA) qui est prouvé scientifiquement.  La DMLA est une maladie de l’oeil reconnue comme cause principale de la cécité dans les pays développés,” nous informe Claude Foucher, Président de Rétina France et Membre de la Direction de AMD Alliance International.  «Néanmoins, je regrette que le ministère de la santé ne nous aide pas à mener une grande campagne de sensibilisation afin d’informer les français sur ce risque». 

Le rapport cite une analyse publiée récemment qui a révisé les résultats de plusieurs études sur le lien entre le tabagisme et la cécité utilisant les mêmes critères pour prouver le lien entre le tabagisme et le cancer de poumon.   L’analyse montre que le tabagisme cause la cécité par la DMLA.  L’évidence est maintenant suffisamment forte afin de pouvoir constater que les fumeurs, en comparaison avec les non-fumeurs, doublent, au minimum leur risque de développer une DMLA et de perdre tout ou partie de leurs capacités visuelles.

Malheureusement, peu de gens connaissent cette maladie, comme le démontre une enquête effectuée auprès de plus de 15 000 personnes dans 14 pays par EOS Gallup Europe pour AMD Alliance International.  La maladie est plus connue aux Etats-Unis, au Canada et en Australie (entre 20 et 30 % des personnes interrogées la connaissent) dans d’autres pays la maladie est quasi-inconnue, particulièrement en Europe, à Hong Kong et au Japon.  En France, seulement 13% de la population connaît la DMLA.

Globalement, parmi ceux qui connaissent la DMLA la grande majorité était incapable d’identifier le tabagisme en tant que facteur de risque pour la DMLA.  « Il y existe un manque de connaissances effrayant” constate Claude Foucher.  « Les gens manquent des informations clés pour prendre des décisions bien fondées afin de pouvoir protéger la santé de leurs yeux.  Il y a des patients qui perdent leur vue – un résultat évitable dans beaucoup de cas. » 

Pauline Edwards est d’accord avec ce point de vue : « Si quelqu’un m’avait dit que je pourrais perdre ma vue à cause du tabagisme j’aurais stoppé plus tôt” dit-elle.  L’infirmière, âgée de 50 ans, a perdu une partie de sa vue dans un oeil et va probablement perdre sa vue complètement.  « J’ai stoppé le tabagisme dès que j’ai appris qu’il est lié à la cécité ».
 
Au moins un pays a réussi à se confronter à ce manque de connaissances.  Des programmes d’éducation financés par le Gouvernement en Australie ont averti le public du lien entre le tabagisme et la cécité par une campagne publicitaire avec des images choc.  Les appels aux services d’assistance pour ceux qui veulent arrêter ont augmenté montrant que la crainte de la cécité est une motivation puissante pour cesser de fumer.  

« Fondamentalement nous avons deux messages » dit M. Foucher : « nous incitons le gouvernement français à nous aider à informer le grand public au sujet du lien entre le tabagisme et la dégénérescence maculaire, c’est un impératif moral absolu qui semble également raisonnable d’un point de vue économique dans la mesure où il peut éviter de prendre en charge les coûts liés à une perte de la vision qui se  mesure en coûts de santé et de soin à long terme. Pour le public, notre message est : «  ne fumez pas, et si vous fumez, considérez sérieusement d’arrêter. »

La semaine Rétina/DMLA - organisée annuellement par AMD Alliance International, avec des événements locaux dans les pays membres - a lieu cette année du 22 au 30 septembre. Elle représente une occasion parfaite de promulguer le message sur le tabagisme et la cécité.

AMD Alliance International s'est donné pour mission de développer la conscience de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) dans la population, d'informer sur les dispositions à prendre pour limiter les conséquences de cette maladie, d'encourager le dépistage précoce et d'améliorer l'accessibilité au traitement, à la réadaptation et aux services basse vision. AMD Alliance représente actuellement des organisations dans plus de 20 pays à travers le monde. AMD Alliance International s'est fixé pour but de dispenser informations, aide et espoir aux personnes affectées de DMLA, partout dans le monde.

Rétina France est une association reconnue d'utilité publique qui lutte pour vaincre les maladies de la vue et aider les déficients visuels.  Elle est membre de la Direction de AMD Alliance International.

Pour des informations plus complètes sur la DMLA vous pouvez visiter le site web de Rétina France (www.retina.fr) ou de AMD Alliance International (www.amdalliance.org ).  

Pour des informations supplémentaires sur AMD Alliance International, notre Coordinatrice pour l’Europe, francophone, Barbara McLaughlan est à votre disposition :

AMD Alliance International,

9 Ardshiel Drive, Redhill RH1 6QN,

Tel: +44.1737.766988,

Fax: +44.1737.770739,

e-mail: bmclaughlan@btinternet.com

 


bernymikadobernymikado Publié le : Vendredi 11 novembre 2005 @ 21:35:37

Anonyme Anonyme
Mercredi 14 décembre 2005

Mercredi 14 décembre 2005



Depuis le 1er décembre, l'Organisation mondiale de la santé n'embauche plus de fumeurs. Ceux qui mentent encourront des mesures disciplinaires. Est-ce vraiment le rôle de l'OMS de faire la police dans ce domaine?



La décision de l'Organisation est surprenante pour tous ceux qui avaient cru comprendre que, comme la médecine et l'hôpital, la mission première de l'OMS était de lutter contre les maladies à l'échelle mondiale (variole, paludisme, tuberculose, sida, grippe aviaire) et de promouvoir la santé. Et voilà que l'OMS ne lutte plus seulement contre les maladies mais aussi contre les malades! Qu'elle ne se propose plus de promouvoir la santé mais de l'imposer dans les entreprises, la sienne «pour donner l'exemple»? Est-ce vraiment un bon exemple? Ou un grave dérapage?



Cette décision est difficile à comprendre pour les soignants et les travailleurs sociaux comme pour les associations de handicapés et de malades qui luttent depuis des années contre la discrimination à l'embauche, et, plus largement, pour les organisations luttant contre la stigmatisation, l'exclusion et le racisme. Depuis quelques années, ces professionnels et ces associations se battent pour modifier le diagnostic des handicapés et des malades - jusqu'ici basé sur ce qu'ils ne pouvaient pas ou plus faire (leurs incapacités) - en le fondant sur tout ce qu'ils peuvent faire malgré un handicap ou une maladie (leurs capacités). Elles revendiquent l'embauche sur la stricte prise en considération des compétences professionnelles individuelles. En Suisse, les discussions autour de la révision de la loi sur l'invalidité se sont orientées dans cette direction. Or l'OMS, avec cette décision, signifie clairement qu'il ne suffit plus d'avoir des capacités et des compétences pour être embauché. Elle indique que le travail ne doit plus être considéré comme moyen d'insertion ou de réinsertion sociale mais au contraire comme un instrument de punition ou de récompense sociale. Sa politique de prévention continue à s'appuyer sur une politique de la peur, qui va au-delà de celle de perdre sa santé et/ou de mourir «jeune» - avant l'âge moyen considéré comme «normal» -, ou encore de faire du mal à son entourage. Elle utilise le travail, c'est-à-dire le droit de vivre dignement, comme une arme de moralisation sociale.



Cette décision n'est pas recevable pour les enseignants et les chercheurs en sciences humaines qui, depuis plus de quarante ans, ont démontré et dénoncé les effets destructeurs et pervers de la stigmatisation des êtres humains considérés comme «anormaux» pour des raisons physiques (maladies génétiques ou non, accidents de naissance ou de la vie), mentales (handicapés mentaux) ou de comportements «asociaux» (hors normes).



Un des précurseurs, le sociologue américain Erving Goffman, distinguait dans les années 60 «en gros» trois types de stigmates. Les premiers étaient «les monstruosités du corps ou difformités diverses». Les seconds étaient les «tares du caractère qui, aux yeux d'autrui, prennent l'aspect d'un manque de volonté, de passions irrépressibles ou antinaturelles, de croyances égarées et rigides, de malhonnêteté et dont on infère l'existence chez un individu parce que l'on sait qu'il est ou a été, par exemple, mentalement dérangé, emprisonné, drogué, alcoolique, homosexuel, chômeur, suicidaire ou d'extrême gauche». Les troisièmes étaient «ces stigmates tribaux que sont la race, la nationalité et la religion, qui peuvent se transmettre de génération en génération et contaminer également tous les membres d'une même famille». Il ajoutait: «Il va de soi que, par définition, nous pensons qu'une personne ayant un stigmate n'est pas tout à fait humaine. Partant de ce postulat, nous pratiquons toutes sortes de discriminations, par lesquelles nous réduisons efficacement, même si c'est souvent inconsciemment, les chances de cette personne. Afin d'expliquer son infériorité et de justifier qu'elle représente un danger, nous bâtissons une théorie, une idéologie du stigmate, qui sert aussi parfois à rationaliser une animosité fondée sur d'autres différences, de classe par exemple.» Il suffit donc qu'un individu ait un défaut par rapport aux normes sociales ambiantes pour qu'il soit considéré comme un bon à rien, comme inutilisable socialement et infréquentable sans risquer d'être stigmatisé à son tour...



Ce que décrit Goffman avec un vocabulaire devenu politiquement incorrect est très exactement ce que fait l'OMS aujourd'hui: stigmatiser et discriminer une nouvelle catégorie d'individus, les fumeurs. En vingt ans, la croisade anti-tabac s'est transformée en croisade anti-fumeurs. D'où vient cet acharnement de l'OMS contre les fumeurs? Pourquoi ceux-là? Fumer est un luxe inutile, improductif et malsain, donc déraisonnable et irrationnel. La stigmatisation des fumeurs se fait en trois temps. Premier temps: le tabac est mauvais pour la santé de ceux qui en consomment: les fumeurs sont dangereux pour eux-mêmes. Ils sont considérés comme des malades, souffrant d'une dépendance. Jusqu'en 1983, dans le manuel de référence américain concernant les troubles mentaux qui sert de modèle à l'OMS (DSM III), la consommation de tabac est classée dans les «dépendances sans handicap professionnel». En 1989, dans le même manuel révisé (DSM III R), cette phrase a disparu au profit d'autres critères comportementaux, comme continuer à prendre une substance que l'on sait dangereuse, désirer cette substance et faire des efforts infructueux pour réduire ou contrôler son utilisation, passer du temps pour se la procurer et/ou pour la consommer, etc. Deuxième temps: les fumeurs sont dangereux pour les non-fumeurs (fumée passive) et l'on interdit graduellement la fumée dans les lieux publics. En 1996, la dernière version de ce manuel (DSM IV) suggère que les fumeurs pourraient «renoncer à d'importantes activités sociales, professionnelles ou de loisirs parce qu'elles ont lieu dans une zone où il est interdit de fumer». Troisième temps: 2005, on élimine les fumeurs, même s'ils respectent les interdictions, par l'instauration d'une discrimination à l'embauche. En leur reprochant non pas de leur incompétence ou leur inefficacité (ce qui n'a pas été démontré) mais le temps qu'ils perdraient à fumer. Un dernier argument, instaure le délit de «sale odeur». Il rappelle celui de «sale gueule» et menace ainsi les mangeurs d'ail, les pétomanes, les parfumés, les mal lavés, les victimes de sueurs incontrôlables et tous ceux qui n'ont pas la même couleur de peau...



Et s'il ne s'agissait pas d'un dérapage mais d'une politique délibérée? Le raisonnement qui s'applique aux fumeurs - «Celui qui fume n'a qu'à arrêter ou à se soigner» -pourrait bien s'appliquer à d'autres. L'idée est de leur proposer de passer de substances mises à l'index par l'OMS, mais en vente légale, à d'autres substances sous contrôle médical, produites par l'industrie pharmaceutique (patchs, chewing-gums, tranquillisants, antidépresseurs, somnifères, coupe-faims...). Tout comme la suite du même raisonnement: «Si le fumeur persiste malgré nos avertissements et tombe malade, c'est de sa faute, il n'a qu'à payer». Ce raisonnement pourrait bien lui aussi s'appliquer à d'autres, ouvrant la porte à la segmentation générale des primes d'assurance maladie. A chaque «risque», sa prime supplémentaire. Qui d'entre nous ne présente pas un ou deux «risques», ne serait-ce que dans ses gènes devenus transparents? En résumé, on commence par les fumeurs, puis on s'en prendra aux obèses (et c'est déjà commencé), aux victimes du cholestérol, aux diabétiques, aux hypertendus, aux alcooliques, aux buveurs de café, de thé, aux mangeurs de fondue et de chocolat... La liste est infinie.



Eliane Perrin



Lien : (http://www.amge.ch/amge/modules/news/article.php?storyid=967)

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