Pas de fatalisme! 3832


Trente années d'exercice professionnel c'est largement suffisant pour effectuer un travelling arrière et prendre conscience du chemin, parfois de traverse, parcouru dans un métier qui, nostalgiquement n'est plus ce qu'il était, mais positivement a évolué, parfois, un peu malgré nous.


Sans vouloir paraître ancien combattant, on peut dire qu'il fut un temps ou, effectivement, le préparateur préparait ce qui lui donnait de fait un rang, une fonction mais aussi une responsabilité de formation pour les générations suivantes.

De règles en réglementations, de déremboursement en sous-traitance, les préparations ont quitté unes à unes nos paillasses faisant de nous des vendeurs qualifiés et on peut le regretter.

Peut-être, aujourd'hui, les officines supporteraient-elles un autre jugement de la part de nos concitoyens si nous avions su garder et valoriser ce savoir-faire, ce sur-mesure qui nous caractérisait.

Au fil des années un autre élément est venu considérablement modifier le paysage officinal, le développement tous azimuts du tiers payant. Parti de la réponse de quelques pharmaciens confrontés, dans certains départements, au développement de pharmacie mutualiste dont la gratuité du médicament était le cheval de bataille, on nous l'a vendu morceaux par morceaux à tous, les organismes sociaux ayant bien compris les avantages qu'ils pouvaient en tirer.

Le tiers payant est incontestablement une avancée sociale, mais aujourd'hui, ce travail administratif improductif qui nous est dévolu occupe une partie non négligeable de notre temps ainsi qu'une responsabilité de contrôle qui tend souvent les relations avec nos clients.

La réduction des marges, compensée par l'augmentation des volumes au fil des années, s'est traduite dans notre profession comme dans beaucoup d'autres par une formule à la mode "augmentation de la productivité".

Les effets cumulés de ces deux facteurs nous laissent peu de "loisirs" pour la formation, le contact privilégié avec la clientèle ou la formation de nos apprentis.

Cela était-il inexorable?

Force est de constater que dans ce cas comme dans d'autres, nous n'avons pas su ou pas voulu défendre notre profession.

Il est vrai que notre éparpillement, notre isolement n'est pas un facteur d'aide aux actions collectives, mais est-ce une raison suffisante?

Si par des refontes successives le programme du BP de préparateur en pharmacie en est arrivé à un contenu plus en relation avec notre activité, à titre personnel je regrette qu'il n'ait pas été prévu de programme de formation continue obligatoire pour les salariés plus anciens.

J'imagine que ce n'est pas le cas partout, mais la formation du personnel n'était pas le premier souci des officines que j'ai fréquenté; si je n'avais pas fait les efforts sur mon temps et mes propres deniers il est certain que je n'aurais pas progressé.

Les fonds existent, les formations existent mais la première difficulté reste, souvent, de convaincre nos employeurs de libérer le temps nécessaire.

Pour terminer sur une note positive, trente années de métier n'ont pas su émousser ma passion pour mon métier, pour la qualité des relations humaines et cette forme d'intimité que nous entretenons avec nos patients.

Francis LIAIGRE


ManagerManager Publié le : Dimanche 16 février 2003 @ 09:54:27

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