Forum » » Les inclassables » » Dépitée par ce milieu, j'essaye de convaincre ma fille de ne pas choisir cette voie
Posté : 30-01-2026 22:41 
Ce sujet date un peu, mais je me permets d’y répondre, au cas où un étudiant tomberait là-dessus en épluchant le forum.
Il faut savoir que bon nombre d’entre nous n’ont jamais rencontré les situations évoquées par l’OP.
Le ménage, dans toutes les pharmacies où j’ai travaillé, était fait par des professionnels (des agents d’entretien) et absolument pas par les préparateurs ou les pharmaciens.
Il y a des jours prévus dans la convention collective pour les décès de proches, il n’est en aucun cas légal de priver un salarié de se rendre à l’enterrement de sa mère. Je n’ai jamais vu un pharmacien priver son personnel de ce genre de chose, bien au contraire.
Aujourd’hui, le mot « client » est assez peu employé à l’officine, du moins dans les équipes jeunes. On dit « patients ».
La pharmacie d’officine est un domaine vaste, très diversifié. Aucune officine ne ressemble à une autre, chacun peut y trouver son bonheur si c’est ce qu’il souhaite.
J’ai fait plus d’
une dizaine (oui, oui) de pharmacies différentes entre les stages, les jobs étudiants et ma petite carrière de pharmacien désormais salarié. Je n’ai jamais eu affaire à un titulaire qui forçait sur les ventes (c’est devenu plutôt mal vu dans le milieu d’ailleurs, j’ai l’impression que les anciens ont connu un monde différent quand je les entends parler de « panier moyen », terme que je n’ai jamais entendu), à un titulaire maltraitant, qui faisait faire le ménage à ses salariés, qui refusait de servir des patients, de recevoir les livreurs, ou qui parlait de « classe »…
Je trouve même que ces passages du récit sont invraisemblables, mais je ne me permettrai pas de remettre en doute la véracité de ce témoignage, parce qu’après tout, il y a des fous et des cons partout.
Je me permets cependant de souligner qu’en France, le Code du travail existe, que les prud’hommes aussi, et que je ne connais aucun salarié qui accepterait sans sourciller les choses évoquées. Je pense que, quand on est adulte, on a quand même des outils pour se sortir de ce genre de situation ubuesque, surtout quand on est pharmacien, qu’on connaît un peu les lois et comment le monde fonctionne.
Je ne nie pas que l’officine a des problèmes structurels à résoudre, mais ceux évoqués ne me semblent pas pertinents à généraliser.
Enfin, pour le côté parentalité, je trouve assez surprenant, pour un parent, de vouloir choisir la profession de son enfant. On ne crée pas un petit être pour ensuite le mener à la baguette. Le petit être va devenir un adulte, qui va faire ses propres expériences et mener sa propre vie. Nos enfants ne nous appartiennent pas, notre seul devoir est de les accompagner et de mettre à leur disposition les moyens de réaliser leurs ambitions. Et je dis bien
leurs ambitions.
Un pharmacien adjoint peut tout à fait être satisfait de son métier, de sa condition, de sa vie. C'est mon cas et celui de milliers de pharmaciens en France. Pour l'instant du moins. Et Dieu sait que je suis quelqu'un de pessimiste et négatif.
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