Plus jamais çà ! 4035


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J’ai pris la liberté de publier le témoignage émouvant de notre ami Bixente, d’abord parce qu’on l’aime, nous, notre ami basque, mais aussi parce que son témoignage est celui d’une condition ordinaire d’un salarié ordinaire de nos petites entreprises où le droit est celui du plus fort.

Il illustre, aussi, à quel point l’état d’esprit individualiste ne peut nous mener qu’à l’écueil. Ceci ne serait jamais arrivé dans une grande entreprise parce que les gardes fous existent, parce que la cohésion existe, parce que l’expression est admise.

Chers collègues, vous voulez que les choses changent, il faut, d’abord, que nous changions nous même, que nous prenions notre sort en main, que nous soyons solidaires.

On peut dire : mais tes collègues, Bixente, elles n’ont rien dit, elles ne t’ont pas soutenu ? Et les salariés des officines voisines ?

Qu’aurions nous fait à leur place ?

Aujourd’hui, moi je vous le dit, il faut que çà bouge, il ne faut plus que ce genre de mésaventure arrive parce qu’aujourd’hui c’est Bixente et demain…

Nous devons apprendre à être SOLIDAIRE.

8-user2.gifEn attendant, si vous habitez la région de PAU, vous ne pouvez pas ignorer qu’un préparateur en pharmacie ami a besoin de travail !


 

 

"J'ai, hier, quitté l'officine où j'oeuvrais depuis presque trois années, après avoir fait gagner pleins de sous à mon employeur, en développant dynamiquement les secteurs d'activités qui m'avaient été confiés.

Lorsque je suis arrivé au sein de cette officine, le titulaire m'avait expliqué qu'il avait mis en place un système de primes. La première était indexée sur les ventes mensuelles de produits OTC, la deuxième sur le résultat de l'entreprise, donc à l'issue du bilan.

Je me suis rapidement rendu compte que la prime mensuelle, dont le montant oscillait entre 0 et cent euros - plus souvent 0 que 100 - était, en fait, indexé au bon vouloir du titulaire. Ainsi, la moindre contrariété durant le mois ramenait cette primette à zéro.

La première année, je n'ai pas touché la prime annuelle. Je suis arrivé en avril, et l'exercice se clôture en février. Je n'avais donc participé qu'aux 10/12ème de l'exercice. Conclusion : 0

La deuxième année, j'ai touché, au mois d'octobre, 500,00 € brut. Pourquoi 500,00 € ? Personne ne le sait.

La troisième année, mon cher titulaire a décidé, en accord avec lui-même, que la pharmacie était sale, et qu'il n'y aurait donc pas de primes cette année. Je rappelle que celle-ci devait être indexée sur le résultat comptable de la société, et non sur l'état de salissure de sa guinguette.

Il y a deux ans, il a tenté de mettre en place un Plan d'Epargne Entreprise. Souhait louable ; il s'agit d'un système mis en place pour favoriser l'épargne salariale, exonéré de charges tant patronales que salariales et dont les revenus sont aussi exonérés d'impôt. Bref, le bon plan. De plus, grâce au système d'abondement, il avait la possibilité de tripler les sommes versées par les salariés. Là encore, il a noyé le poisson en montant une usine à gaz, tant et sis bien qu'il s'est vu refusé son PEE par l'inspection du travail ; les critères qu'il avait mis en place ayant été jugés discriminatoires...

Lorsque j'ai signé mon contrat de travail, il y a presque trois ans, l'emploi du temps qui m'avait été proposé était du grand n'importe quoi. Ma semaine de travail s'étalait du lundi matin au samedi après-midi compris. Je me retrouvais avec des pauses démentielles de plus de trois heures dans la journée, et il m'arrivait de terminer à 20h00. Mais, m'avait-il expliqué, ceci serait revu dans les mois qui suivraient. Les mois sont passés, les années aussi et rien ne changeait. Je me suis permis, à deux reprises de lui demander de tenir ses engagements. Rien n'y a fait. C'était comme ça. Point final. Tout au plus consentait-il à m'autoriser à permuter mon emploi du temps avec celui de mes collègues, ceci afin de pouvoir, épisodiquement, profiter d'un week-end normal.

Au retour de ses vacances, en fin d'été, cette année, sa seigneurie est rentrée d'une humeur chafouine... Rien n'allait. Tout était de travers. Il s'est permis de m'adresser une lettre recommandée m'accusant -asseyez-vous- d'avoir quitté mon poste de travail à 11h58 au lieu de 12h00... j'ai le courrier à disposition si quelqu'un voulait une preuve... Il m'adressait donc un avertissement officiel, conforme au code du travail. Je me suis permis de lui répondre et par la même occasion, je lui ai demandé de mettre mon emploi du temps en conformité avec le code du travail et la convention collective. Ceci fût fait. Mon emploi du temps me dégageait donc la matinée du lundi.

Un mois plus tard, je reçus, par lettre recommandé avec accusé de réception, une invitation à un entretien préalable à mon licenciement. Je me présentais ce jour là accompagnée d'une dame de F.O. L'entrée d'un syndicat au sein de son entreprise le surprit, mais il m'adressa cependant ma lettre de licenciement quelques jours après, respectant scrupuleusement le code du travail.

Dans cette longue, très longue lettre, il m'accusait de tous les maux... Je me suis rapproché de mon syndicat, pensant que celui-ci trouverait que le rappel au règlement que je lui avais formulé et mon licenciement était lié, et que dés lors, il convenait de "châtier" un peu sa seigneurie et lui rappeler que son entreprise n'était pas un lieu de non droit. Quelle ne fût pas ma déception ! En moins de dix minutes, mon cas fût réglé. En gros, puisqu'il avait respecté les procédures, rien ne l'empêchait de me virer. Cela, l'inspection du travail me l'aurait indiqué de la même manière.

Je suis aujourd'hui en arrêt maladie, ne supportant plus la promiscuité avec ce con. Le toubib que j'ai consulté hier m'a mis sous antidépresseur. Dans une semaine, je serai bon pour me rendre aux ASSEDIC, remplir un dossier de demande d'indemnisation.

Lui continuera à vivre sans aucun souci. Il m'a donc "éjecté" de son entreprise sans le moindre scrupule. Il a respecté la procédure !

Je ne sais si je renouvellerai mon adhésion à un syndicat l'année prochaine. Certes, comme je l'ai déjà à plusieurs reprises indiqué sur ce site, un syndicat est une force de proposition. Mais il ne devrait pas non plus oublier qu'il est aussi là pour défendre les salariés. Lui a fait appel à un avocat. Il en a les moyens. Moi pas. Je pensais benoîtement, avoir une couverture juridique, et avoir avec moi des gens motivés. Ce ne fût pas le cas. La lettre de licenciement que j'ai reçu faisait quatre pages. Elle a été lue et traitée en moins de dix minutes. Un quart d'heure après mon arrivée dans les bureaux de ce syndicat, j'en étais ressorti. Un peu rapide...

Pour un syndicat, un licenciement est une chose courante. Pour moi c'est un bouleversement dans ma vie. Une remise en cause personnelle. J'en déduis donc qu'il a eu raison de me virer puisque mon syndicat ne trouve rien à y redire ; c'est nul.

Je vais arrêter ici cette longue missive. Je crains de devenir un peu violent à partir de là. J'ai contacté Gilles, qui m'a demandé de l'appeler. Je ne l'ai pas fait. Dans ta lettre, Gilles, tu m'indiquais aussi, qu'il n'y avait rien à faire mais que l'on pouvait en parler ; parler de quoi...

Je vais continuer mon Zoloft, mon Stresam et dormir dans des rêves artificiels à base de Stilnox.

Bixente"


ManagerManager Publié le : Vendredi 11 février 2005 @ 21:16:52

pharmit pharmit
Je tombe sur ce témoignage en ayant tapé sur "arrêt maladie" et je trouve(mais je n'en doutais pas) qu'il y a bien des monstres, des êtres tellement tordus que jamais l'on arrivera saisir (heureusement). Cinq ans se sont écoulés et j'espère que tout se passe bien pour toi. Il me semble que tout va pour le meilleur si t'as pu te débarrasser d'une telle bête!!!
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